Transit Librairie
vous invite à une rencontre avec
Minna Sif
auteure de Massalia Blues aux Editions Alma
le samedi 23 mars à partir de 17h30
La Porte d’Aix est un souk des âmes en perdition. Des familles venues d’Europe de l’Est et
des immigrés revendent à ciel ouvert les objets harponnés au fond des bennes à ordure de la ville. Ce sont les épouilleurs armés d’un
cintre.
Brahim est l’un deux : Il pousse son caddie, tour à tour clochard céleste, clandestin et conteur tortillard, il croise la route de la
narratrice. Celle-ci est écrivain public et officie à la Poste Colbert, qui est comme le Walî de tout un peuple de cabossés : Les chibanis, anciens travailleurs immigrés abandonnés à leur sort.
L’Oncle Kébir, rabatteur des marchands de sommeil. Fatima Kader qui a un fils chez les fous. Les vieilles putains du Marché Noailles : Ville-ventre entre Asie, Orient et Afrique. Trabendistes,
mendiants difformes, bandits gourmés et jeunes prostitués clandestins de la gare St Charles.
Brahim est celui qui relie le douar à la Porte d’Aix, seul moyen de survivre. Il nous conte l’histoire violente, féroce, ensanglantée
et comique de sa vie. Entre son père Lyazid et sa mère Fadéla la dégourdie, qui enfant lui faisait boire son urine pour le garder du mauvais oeil. Sa maîtresse, Zina la morte, qui a échappé à
Zenzala, le tremblement de terre. Leïla pute aux canines d’or. La grand-mère Haffida qui dévore pour survivre à la brutalité des hommes. Ganga, le grand-père violeur. Le prieur qui se fait donner
du fouet au bordel et Fatèm,
poétesse au sexe enchifrené.
Entre tout cela, Brahim aura eu le temps d’aimer Antoinette. Le récit s’achève sur l’arrestation de Brahim et son expulsion.
MASSALIA BLUES
« Marseille est une Babel de toutes les nations, une ville des confins, plus tout à fait en France, mais pas encore à l’étranger » Flaubert.
Le quartier populaire de la Porte d’Aix, décor de mon roman Massalia Blues, symbolise cette mosaïque de cultures. Il fut le « Garlaban » que j’ai partagé avec une
multitude de petits arméniens, juifs, pieds noir, italiens, espagnoles, corses, maghrébins, africains, créoles, vietnamiens. Ce mélange ouvert qui a toujours fait peur tel un parasite à
l’intérieur d’un corps hétérogène et qui s’est soudainement transformé en richesse culturelle. A un tel point qu’être marseillais est revendiqué comme une nationalité par ses habitants. Dans mon
roman, la Porte d’Aix c’est imposée comme une trame agitée par un perpétuel bouillonnement de vie. Celui de ces réprouvés dont les rêves de conquête foudroyés sont venus échouer sur la pelouse
qui ceinture l’Arc de Triomphe. Le port de la Joliette est à deux pas. Sur ses quais qui se cherchent aujourd’hui un destin neuf, dominait jusqu’en 2008 le Centre de Rétention d’Arenc, passage
obligé ou départ sans retour pour les sans visas. J’ai eu le désir de libérer la clameur de ces femmes et de ces hommes dont la diversité émotionnelle, incroyable, si attachante, entre misère,
passion et violence a constamment nourrie la ville, faisant d’elle "une ville pas comme les autres" MINNA SIF
Minna Sif est née en Corse, dans une famille
originaire du Sud marocain. Elle vit à Marseille où elle anime des ateliers d’écriture dans les quartiers Nord. Son premier roman, Méchamment berbère (Ramsay, 1997), a été réédité chez J’ai Lu,
dans la collection « Nouvelle génération ». Elle a également écrit des nouvelles publiées dans des revues (Gulliver, La Pensée de Midi…) et des ouvrages collectifs : Scandale (Chihab, 2010) et
Une enfance Corse (Bleu autour/ Colonna 2010). Auteure associée au Théâtre de la Mer, dans le cadre de Marseille Capitale européenne de la Culture 2013, elle a participé au projet international «
Foot(ing ) Marseille » en animant de nombreux ateliers d’écriture à destination des jeunes et des adultes.
Plus d'infos sur l'auteur à cette adresse